Un mot du réalisateur

« J’ai longtemps hésité avant de me lancer sérieusement dans l’écriture de ce film. Après le début du tournage en 2015, j’ai mis fin à mes études spécialisées en documentaire de création, me persuadant d’une erreur de parcours. Disons que le milieu des « aficianados » du documentaire, dans lequel j’avais évolué ces dernières années, m’avait déçu. Il y’avait dans ces ambiances d’habitués un entre-soi qui me rebutait, avec en prime une énervante indignation de salon qui ne quittait quasiment jamais les festivals et leurs confortables salles de projections.

Le projet « Attiéké All Stars » est venu, après bien des tâtonnements, comme une évidence et comme un contre-point à tout cet univers, au moment où je m’interrogeais sérieusement sur la pertinence de ma pratique du cinéma. Après avoir participé aux activités du centre social autogéré, au sein de l’atelier de français notamment, j’ai décidé de filmer ce lieu et de suivre plusieurs habitants et membres du collectif de soutien, en me focalisant sur les parcours de certaines personnes avec, toujours en trame de fond, une histoire de lutte politique pour la réquisition des logements vides, la régularisation des sans-papiers, pour la dignité au sens large.

« Attiéké All Stars » est un projet sur lequel je travaille intensément depuis deux ans, avec la volonté d’en faire un film sincère et ambitieux.  Cependant, je suis loin de porter le projet seul ; de nombreux-euses collègues et camarades ont donné et donnent encore du temps et de l’énergie sur les différentes étapes de fabrication. Épaulé et porté par le collectif Synaps Audiovisuel, ce film concrétise une vision et une pratique du cinéma que nous défendons et façonnons au fil de nos modestes projets : un cinéma libéré des impératifs de rentabilité, pensé et géré par celles et ceux qui le font et qui se rapproche plus d’un artisanat que des stériles industries. «